Cette semaine, nous nous sommes rappelé le baptême de Jésus et la manière dont celui-ci illustre le nôtre, par lequel nous avons fait le choix d’être la meilleure version de nous-mêmes et de transformer notre vie au quotidien.
Le baptême de Jésus au Jourdain n’est pas un simple épisode inaugural de son ministère. Il s’inscrit au cœur de la révolution spirituelle initiée par Jean le Baptiste et en révèle toute la profondeur. Là où Jean appelle à la conversion, Jésus entre lui-même dans l’eau pour rejoindre pleinement l’humanité dans son désir de vie nouvelle. Son baptême devient alors à la fois révélation de Dieu et miroir de notre propre baptême.
Tout commence par un déplacement radical. Jean a déjà déplacé le lieu de la rencontre avec Dieu : du Temple au désert, de Jérusalem au Jourdain. Jésus accepte ce déplacement. Il ne réclame pas un rite d’exception, il ne se tient pas à distance du peuple. Il descend dans le fleuve, au milieu de ceux et celles qui confessent leurs fautes, qui cherchent un nouveau départ. En faisant cela, Jésus confirme que Dieu ne se laisse pas enfermer dans des lieux sacrés ou des structures religieuses. Dieu se rend accessible là où les cœurs s’ouvrent. Notre baptême s’inscrit dans ce même mouvement.
Le baptême de Jésus vient aussi bouleverser les questions d’identité. Jean avait osé dire que l’appartenance au peuple d’Abraham ne suffisait plus. Jésus, en se faisant baptiser, inaugure une identité nouvelle, celle de l’amour inconditionnel de Dieu, un amour pour tous et n’importe où. Lorsque les cieux s’ouvrent et que la voix de Dieu se fait entendre, c’est toute l’humanité qui est concernée. En Jésus, Dieu affirme que la relation filiale ne repose ni sur l’héritage, ni sur la performance religieuse, mais sur la grâce. Notre propre baptême nous fait entrer dans cette même filiation.
Cependant, cette grâce n’est jamais passive. Jean insistait : la repentance doit produire des fruits visibles. Le baptême de Jésus approfondit cet appel. Car là où Jean montre le chemin du changement, Jésus donne la force de marcher. Baptisé dans l’eau, Jésus sera ensuite conduit par l’Esprit, affrontant l’épreuve, annonçant le Royaume, vivant une mission audacieuse jusqu’au bout. Son baptême ouvre une vie donnée, engagée, tournée vers les autres. De même, notre baptême n’est pas un souvenir figé, mais une vocation en mouvement.
Enfin, le baptême de Jésus est une promesse pour l’avenir. Jean annonçait un baptême dans l’Esprit Saint et le feu. En Jésus, cette promesse commence à s’accomplir. Dieu ne se contente pas de pardonner : il transforme. Le feu ne détruit pas pour le plaisir de juger, il purifie pour faire place au neuf. Chaque fois que nous nous souvenons de notre baptême, nous sommes invités à consentir à cette œuvre de transformation.
Ainsi, le baptême de Jésus demeure une source d’inspiration profonde. Il nous rappelle que Dieu nous rejoint là où nous sommes, qu’il nous donne une identité nouvelle et qu’il nous appelle à porter des fruits visibles. Se souvenir de notre baptême, c’est entendre à nouveau cette parole : « Tu es mon enfant bien-aimé », et accepter d’en vivre, jour après jour.

