Choisir un Carême vivant et engagé

Par Stéphane Godbout

Longtemps, j’ai associé le Carême à la culpabilité, à une forme de privation imposée et à l’ombre grandissante du Vendredi saint. Dans mon enfance, cette période avait un goût de tristesse et de contrainte. Pendant des années, j’ai donc pris mes distances, sans voir qu’elle pouvait aussi devenir un espace fécond de transformation.

Avec le temps, ma perception a changé. Aujourd’hui, je choisis de vivre le Carême comme un temps sacré, un moment pour m’arrêter, réfléchir et approfondir ma foi dans un monde marqué par les inégalités, les crises sociales et environnementales, et une sécularisation grandissante.

Je ressens plus que jamais l’appel à une foi incarnée, ancrée dans l’amour du prochain et dans des gestes concrets.Pour moi, le jeûne ne se limite plus à l’alimentation. Je peux jeûner de bruit, de surconsommation médiatique, d’habitudes qui m’éloignent de l’essentiel. Je cherche à créer des espaces de silence, de méditation et de lecture, notamment à la lumière de l’Épître de Jacques, qui me rappelle que la foi sans les œuvres est vivante seulement lorsqu’elle se traduit en actions.

Ce Carême, je veux renouveler mes engagements, poser un geste de solidarité, tendre la main à quelqu’un, soutenir une cause juste ou simplement offrir davantage de présence à mes proches.

Et vous? Je vous invite à choisir un geste concret pour ce Carême : simplifier un aspect de votre quotidien, vous engager auprès d’une personne dans le besoin, prendre un temps de prière ou de réflexion chaque semaine. Faisons de ce temps non pas une contrainte, mais un chemin de liberté, de croissance et d’espérance.